
Gaël Morel sait filmer les garçons, ça, c'est sûr. A chaque fois quand il a la possibilité de placer un beau garçon dans son film, il le fait : au premier plan, au dernier plan, pour la figuration, pour le rôle secondaire, tout le temps. Ces garçons se ressemblent, et on dirait que c'est toujours le même jeune qui prend place dans tous les coins du film. Sa caméra s'attarde aussi très (trop) souvent sur ces beaux visages de jeunes hommes innocents, et qu'il ne sert absolument à rien au film.
Après Lui, le dernier film de Gaël Morel est un bel exemple. La douleur d'une mère qui a perdu son fils a été mis au second plan. Et le réalisateur a pris le plaisir, comme d'habitude, de filmer les beaux garçons rien que pour lui. Dans son précédent film, Le Clan, (que je trouve très beau et très réussi) ça passait. Cette fois-ci, c'est complètement raté, et c'est énervant. L'amitié des jeunes gens sont filmés comme des scènes d'amour, les rôles secondaires (Elodie Bouchez et Guy Marchant) se battent pour trouver leurs places dans le film car même les figurations ont plus de place qu'eux, seulement parce que ce sont des beaux garçons. Et, last but not least, les figurations ont des jeux de comédiens désastreux. Toutes ces "petites choses" font que ce film dérape tous les 5 ou 10 minutes. C'est dommage.
Si on fait un film sur les garçons, fait le franchement, comme dans Le Clan. Mais si le cinéma est devenu un prétexte pour se servir du plaisir personnel, ça, c'est vraiment dégueulasse.